Je suis athée, mais qu’est-ce qu’un croyant ?

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C’est, pour moi, la première question que tout athée digne de ce nom devrait se poser. Lorsque j’ai trouvé une réponse à cette question, j’ai arrêté les moqueries et les railleries envers les religieux et les religions. Je parle de cette petite guerre consistant à se moquer continuellement d’eux. J’ai mis fin à tout cela car un jour, je me suis rappelé que “l’on ne naît pas croyant, on le devient”. Cette prise de conscience a fait toute la différence dans mon comportement et dans mes écrits. J’ai considéré qu’il était aussi absurde de se moquer ou simplement de manquer de respect envers un croyant que de rire d’une personne souffrant d’un trouble psychologique grave. Ces personnes ne sont en effet en rien responsables de ce qu’elles sont. Elles ont simplement été éduquées dans l’idée d’intégrer un mensonge comme étant une vérité, elles sont victimes d’endoctrinement et doivent vivre avec. Remettre en question cette idée est extrêmement difficile pour elles, car cela remet en cause l’ensemble de leur vie et de leurs rituels au profit d’une autre forme de vérité. C’est un véritable travail d’introspection que très peu de personnes sont réellement capables de faire, et cela ne relève pas uniquement d’un manque intellectuel, mais simplement de la peur de faire face aux multiples contradictions de ce monde.

L’endoctrinement en guise de foi.

Sachant que les croyants ne sont pas responsables de leur croyance, l’athéisme doit avant tout être une forme de respect envers autrui, quel qu’il soit. C’est ce que j’essaie de transmettre dans toutes mes écrits, ce respect devant également servir les croyants en leur fournissant les outils nécessaires pour faire face à leur crédulité, à leurs contradictions et à leur peur générale de la vie et de la mort. C’est ainsi que nous devons faire grandir l’athéisme, le construire et le démocratiser, en nous mettant à la hauteur de chacun, en offrant l’éducation, la connaissance, en permettant des choix différents et plus cohérents dès l’enfance, en laissant à chacun le soin de ses choix futurs.

Pour parvenir à cette construction, nous avons une force extraordinaire que les religions n’ont pas : celle de ne pas en être une. Nous n’avons pas de théologie à transmettre. Notre seul rôle est de partager nos idées de les défendre politiquement, par le débat, l’influence, offrant à tous le choix d’une éducation différente, affranchie de toute notion divine.

Pour conclure, je cite le journaliste Kamel Daoud, à qui une fatwa a été prononcée il y a quelques mois : “Il faut beaucoup de livres pour résister à un livre.”

Gilles Ragnaud

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