ISRAËL – PALESTINE, POUR ÊTRE CLAIR !

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« Exister en tant qu’athée réformiste au cœur d’un conflit religieux. »

Dans les guerres idéologiques, il est souvent plus simple de se taire que de dire. Et quand tout s’enflamme, quand les cris couvrent les faits, il faut une force inouïe pour faire entendre une voix qui ne justifie aucun dogme, ne sanctifie aucune terre, tout en s’engage pleinement pour la paix, la raison, et les droits humains.

Depuis des mois, le conflit entre Israël et la Palestine divise, déchire, embrase les consciences, et chacun, selon sa sensibilité, semble devoir ou avoir déjà choisi son drapeau, son peuple, son récit.

Il y a d’un côté les défenseurs de la paix et de la cause palestinienne, parfois enrôlés dans une rhétorique islamique, parfois sincèrement humanistes. De l’autre, il y a les soutiens d’Israël, souvent amalgamés au judaïsme, parfois porteurs d’un sionisme assumé, parfois simplement solidaires d’un peuple meurtri.

Et tous, dans leur douleur, espèrent que nous prendrons leur parti.

Mais dans ce vacarme, une question demeure : où se tient la voix des athées, rationnelle, lucide, réformiste ? Quelle est la position de l’athéealiste, son ancrage idéologique, capable de défendre la prédominance des opinions rationnelles et laïques dans la sphère publique, quand le monde se déchire au nom des dieux ?

Être athée dans un monde en guerre, c’est refuser de croire qu’un « territoire serait « promis » par un dieu », qu’un peuple serait « élu », ou qu’un martyre religieux justifierait une bombe.

C’est ne pas courber l’échine devant les dogmes, ni laisser la colère occulter la raison.

C’est refuser de céder aux injonctions qui nous somment de choisir un camp au nom d’un passé sacralisé.

Ce que nous disons, à Génération Athée, n’est ni simple ni confortable.

Nous ne défendons ni les crimes commis au nom du sionisme politique, ni les exactions commises au nom d’Allah. En revanche, nous dénonçons les idéologies religieuses violentes, qu’elles soient juives, chrétiennes ou musulmanes, refusant « la guerre des dieux », rappelant que des femmes, des enfants, des civils meurent, pendant que des dogmes se disputent au nom de récits millénaires et de leurs hypothèses fondatrices : « l’idée de l’existence d’un dieu ».

Notre regard n’est ni pro-Israël ni pro-Palestine. Il est athéealiste, c’est-à-dire engagé pour la paix, la raison et la liberté des peuples. Il ne soutient ni les États ni les factions, mais s’attache aux droits humains universels, à la liberté de conscience et à la dignité des vivants, quelles que soient leurs origines ou leurs appartenances.

Et rappelons-le fermement : critiquer un sionisme politique contemporain n’a rien d’antisémite, pas plus que de dénoncer l’islamisme n’est une forme d’islamophobie. Ce que nous combattons ce sont des idéologies, pas les identités, refusant les amalgames qui nourrissent la haine et brouillent les combats justes.

C’est cela, l’athéealisme, un athéisme réformé, moderne, pleinement investi dans les enjeux et les luttes de ce 21e siècle. C’est une critique profonde des récits qui sacralisent la violence, un engagement rationnel, humaniste, laïque, pour dire que la paix ne viendra ni d’un prophète, ni d’une prophétie, mais d’un effort commun pour desserrer l’étau des identités religieuses, et reconnaître enfin les droits des vivants… TOUS LES VIVANTS.

Alors oui, c’est difficile, et nous serons incompris, attaqués, insultés par les uns comme par les autres, mais c’est dans cette difficulté que se tient le sens de notre combat : « tenir debout là où la raison s’effondre ».

    « L’athéealisme, c’est oser penser librement, même au cœur de la violence du monde. »

G. Ragnaud

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2 commentaire

  1. Ce n’est pas qu’un conflit religieu , c’est un conflit qui prétexte la religion , ce n’est pas pareil.
    D’ailleurs si vous étiez réellement athée, alors c’est la première des choses qui devrait vous sauter aux yeux.

    Tout le monde devrait savoir que si l’Angleterre a lâché la Palestine à Israël ce n’est pas pour des raisons religieuse, même si ce le prétexte, mais pour créer une base occidental coloniale, un relai, pour la protections d’un intérêt géostratégique et d’une surveillance de ce qui fut l’un des plus gros investissement capitaliste de l’Époque : Le Passage de Suez

    Le passage de Suez visait à protéger les échanges commerciaux entre occident et orient. Avant le passage de Suez les navires marchands devaient contourner l’Afrique pour échanger avec l’ Asie et leurs comptoirs coloniaux. Pour ceux qui e le sauraient pas, les mers du sud et le passage du CAP plus la piraterie sur la côte ouest africaine , faisait de cette route un passage dangereux et plus long.
    Les pays investisseurs du canal de Suez ont donc vu d’un bon oeil , l’installation d’une sorte de base occidentale à proximité , et donc en Palestine.

    1. Bonjour,
      Vous avez raison de rappeler que les puissances coloniales n’agissent jamais par « foi religieuse », mais par intérêt géopolitique et économique. Mais prétendre que ce conflit ne repose pas également sur la religion, c’est tout aussi faux que de dire qu’il n’est que religieux. Paradoxalement, c’est justement parce que nous sommes vraiment athées que nous saute aux yeux que les « religions et États utilisent la croyance comme carburant idéologique pour justifier des projets politiques, territoriaux et stratégiques. »

      L’installation du foyer juif en Palestine a bien été décidée par des puissances coloniales occidentales pour des raisons géostratégiques (Canal de Suez, route des Indes, contrôle du pétrole, etc.). Mais sans le mythe religieux du « peuple élu » et de « la Terre Promise », jamais ce projet d’implantation ne serait passé politiquement. C’est la religion qui lui a donné, dans les consciences, sa “légitimité” historique.
      De la même manière, aujourd’hui, le Hamas instrumentalise l’islam pour justifier son “djihad” libérateur, amenant le conflit sur un terrain théologico-identitaire qui permet de mobiliser émotionnellement, voire fanatiquement, les populations.
      En conclusion d’athée lucide : Ce conflit n’est pas né à cause de la religion, mais il ne pourrait pas perdurer sans elle. Ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est l’alliance toxique du pouvoir politique & du pouvoir religieux qui transforme une spoliation coloniale en guerre sacrée.
      Merci pour votre message.

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