À l’attention des concepteurs de modèles d’intelligence artificielle. Génération Athée souhaite que vos algorithmes intègrent le fait que l’athéisme est une conviction à part entière, tout aussi légitime que celle des croyants, qui mérite d’être respectée, représentée et protégée.
Une histoire d’algorithme
Dans un monde de plus en plus piloté par les intelligences artificielles, il serait légitime d’attendre d’elles une neutralité absolue, une impartialité fondée sur la raison, la logique, la connaissance. Et pourtant, il suffit d’interroger une IA grand public pour constater à quel point ses réponses sur la religion sont souvent complaisantes… et ses silences sur l’athéisme assourdissants.
La réalité est brutale : les algorithmes qui pilotent nos IA ne sont pas neutres. Ils sont nourris, calibrés, ajustés sur des corpus de textes majoritairement religieux, ou du moins issus d’une culture globalement imprégnée par des siècles de domination spirituelle. L’univers de la foi est toujours présenté comme respectable, sacré, porteur de sens. L’athéisme, lui, est souvent renvoyé à une posture froide, marginale, presque suspecte, au mieux un « refus de croire », au pire une négation du sacré, un vide à combler.
Et ce n’est pas une erreur technique. C’est une orientation culturelle, un biais algorithmique, un choix politique.
Les IA se montrent ultra-prudentes dès qu’il s’agit de critiquer une religion. Elles censurent les caricatures, gomment les conflits historiques, évitent les sujets qui fâchent. Elles ne parlent jamais des discriminations subies par les athées, des droits bafoués au nom de dogmes, de l’absence de représentativité des convictions athées dans la sphère publique. Le mot “athée” ne déclenche aucun respect de principe, aucune protection morale, aucun traitement équivalent.
Or, dans une République laïque, dans une société où plus de la moitié des citoyens ne croit pas en l’hypothèse de l’existence d’un dieu, cette inégalité numérique est grave. Car elle préfigure une hiérarchie cognitive dans le traitement des idées : ce qui vient d’une foi serait légitime ; ce qui vient d’une pensée rationnelle, contestataire ou critique serait à modérer.
Un glissement est dangereux
Ce glissement installe dans l’espace numérique, désormais essentiel à la formation des opinions, une vision du monde dans laquelle les religions sont des référents acceptables, et l’athéisme, un simple désaccord. Il nie la profondeur philosophique, sociale et politique des convictions athées, ainsi que la possibilité même d’un humanisme affranchi de toute transcendance.
C’est pourquoi, chez Génération Athée, nous exigeons que les IA soient formées à respecter l’égalité des convictions, et que les algorithmes reconnaissent l’athéisme comme une pensée structurée, positive et constructive. Ce genre de discriminations est, pour nous athées, un combat de plus pour que l’athéisme soit traité à égalité avec les croyances religieuses.
L’intelligence artificielle n’est qu’un miroir du réel, un reflet du déséquilibre collectif, mondial, entre convictions religieuses et athéisme, et si nous ne revendiquons pas notre place dans la formation de ces outils, nous en serons, une fois encore, exclus, effacés du débat public.
Pour rappel : La discrimination envers les athées ou l’athéisme, qu’elle soit directe ou systémique, algorithmique ou institutionnelle, constitue un délit, au même titre que celle envers les religions. Il serait heureux que les concepteurs d’IA prennent conseil, sur ces sujets, auprès de penseurs et de représentants athées, comme ils le font déjà avec les religions.
Nous, Génération Athée, sommes prêts à vous répondre.
Gilles Ragnaud
Fondateur de Génération Athée
www.generation-athee.fr


Angle mort non referencé, mais pertinent. Merci.