… et l’athéisme toujours invisible.
Il y a cent-vingt ans, la loi de 1905 séparait l’État et les religions, affirmant la liberté de conscience pour toutes et tous. Mais dans les faits, la laïcité ainsi mise en œuvre profite principalement aux religions : subventions, entretien des lieux de culte, représentations officielles, reconnaissance institutionnelle, etc.
Pourtant, être convaincu que l’idée d’un « divin » n’est qu’une hypothèse sans fondement, est une conviction à part entière, tout aussi légitime que celle des religions sur la question de Dieu. Mais dans les faits, la laïcité ne parle et ne s’adresse qu’aux seules religions, jamais aux athées et à l’athéisme.
La raison est simple. En 1905, cette notion de « garantie de conscience » n’a clairement été qu’une politesse, une obligation démocratique, un effet mécanique, l’État ne pouvant faire autrement que d’inclure dans ses lois laïques la totalité des consciences, ayant l’obligation de les garantir, les adressant donc nécessairement à toutes et tous, croyants et non-croyants.
Au-delà de cet impératif, l’État, à l’époque encore largement imprégné par la religion, ses folklores, institutions et influences, lui a, dans le cadre de la laïcité, accordé nombre d’avantages, garanties et autres subventions. Le problème est que les autres convictions, notamment celles des athées et des non-croyants, dont les positions sur l’existence ou non d’un dieu sont pourtant tout aussi légitimes en laïcité, ont été totalement oubliées, et le sont hélas encore aujourd’hui.
La laïcité n’est pas un principe du passé à conserver par tradition, c’est un projet de société vivant, exigeant, qui devrait être en perpétuelle construction.
Génération Athée agit pour que les convictions athées soient enfin reconnues, entendues et prises en compte dans toutes les sphères de la vie publique. Cela passe d’abord par une inscription officielle reconnaissant l’athéisme comme une conviction portant sur l’idée de l’existence d’un divin, lui offrant l’égalité, ainsi que les mêmes moyens, que ceux accordés aux religions. Cette reconnaissance est une condition de la paix sociale, de la justice républicaine et de la vitalité démocratique. Elle n’enlève rien à personne, mais redonne à chacun sa place.
Si la République est vraiment une et indivisible, si la laïcité est vraiment neutre, si la liberté de conscience a un sens, alors l’athéisme mérite autant de considération que les religions.
G. Ragnaud

