Cette question ne vise ni à provoquer gratuitement, ni à stigmatiser des individus. Elle pose une question simple, rationnelle et légitime : pourquoi des récits fondés sur des origines invérifiables, contradictoires entre eux et souvent violents dans leurs représentations, sont-ils présentés comme inoffensifs pour des enfants, alors que toute autre œuvre de fiction, de violence ou d’idéologie est soumise à des limites d’âge ?
Il existe des domaines où la société se montre, avec raison, d’une prudence extrême. Ainsi, la violence, la sexualité, certaines idéologies politiques, les contenus susceptibles de troubler ou de conditionner durablement un esprit en construction, y sont encadrés, classés, contextualisés. C’est une responsabilité de l’État, celle de protéger les plus jeunes, sachant que l’enfance n’est pas un terrain neutre, et que ce qui s’y imprime tôt marque longtemps, laissant parfois des stigmates durables capables d’altérer une vie entière.
Les textes religieux, eux, échappent presque toujours à cette exigence. Ils sont transmis comme des évidences culturelles, des héritages inoffensifs, parfois même comme des fondations morales universelles. Pourtant, ils parlent de création du monde aux origines incertaines, de vérités révélées invérifiables, de hiérarchies humaines, de châtiments, de soumission, de culpabilité, de violences symboliques ou réelles. Ils proposent une lecture du réel qui n’est ni démontrée, ni neutre, ni anodine.
Ici, on navigue entre mythes, magies et fictions sans science, et pourtant, ces lectures sont enseignées, laissées à la portée de toutes et tous, souvent illustrées, propagandées, rendues mirifiques, féeriques, magnifiques… l’État, ici, ne protégeant rien ni personne.
Poser une limite d’âge symbolique n’est pas une attaque contre les croyants, c’est une question adressée à la société.
À partir de quand estime-t-on qu’un individu est capable de distinguer le récit du fait, la croyance de la connaissance, la tradition de la vérité établie ?
À partir de quand considère-t-on qu’il peut choisir, librement, son rapport au monde, à l’existence, au sens, sans que ce choix ait été orienté avant même qu’il ait appris à douter ?
Protéger les plus jeunes ne signifie pas les priver de culture ou de réflexion. Cela signifie leur offrir d’abord les outils de la raison, de la science, de l’histoire, de l’esprit critique. Leur permettre de comprendre comment se construisent les récits, comment naissent les mythes, comment évoluent les sociétés humaines. Leur apprendre à questionner avant de croire, et à comprendre avant d’adhérer.
Dans une République laïque adulte, la liberté de conscience ne se mesure pas à la précocité de l’endoctrinement, mais à la capacité de choisir en connaissance de cause. Les convictions, quelles qu’elles soient, devraient être le fruit d’un chemin personnel, non d’une imprégnation précoce, obligée, présentée comme naturelle ou intangible.
Il est, pour moi, important de rappeler que la neutralité des enfants est une condition de leurs libertés futures, et que la laïcité n’est pas une hostilité aux convictions, mais une protection des consciences en devenir. Dans une République laïque, l’éducation doit d’abord former des citoyennes et des citoyens libres, capables de discernement.
Le reste viendra ensuite, s’ils le souhaitent.
G. Ragnaud


L’idée est intéressante, mais je ne la trouve pas pédagogique, et pourquoi pas interdire jusqu’à 18 ans (la majorité) d’ailleurs.
La possession de Mein Kampf est interdit en France, mais le livre d’Adolf Hitler n’est pas interdit s’il n’est pas accompagné de contextualisation universitaire. Pourquoi ne pas appliquer ce concept aux textes religieux !?
Voici ma proposition complémentaire : tous les textes sacrés (traduit ou non), vendu à des citoyens Français, devraient mentionner (pour alerter les lecteurs et lectrices) les sections misogynes, de violences psychologiques, etc. Ces annotations seraient ordonnées par une commission mixte composée d’autant d’hommes et de femmes, croyant, non croyant, mais aussi complété par des historiens et des spécialistes du droit moderne.
Tout texte religieux en France, sans contexte, serait interdit.
Imagine la protection que les athées apporterions aux enfants, adolescent, adultes avec les textes écrits et « commentés » lors des catéchèses, ta’lim, tarbiya, talmud, dharma, gurmukhi …
Il y a, en terre de France, des livres interdits. Les mobiles auxquels soumettent la gestion de ces affaires, reposent sur les facteurs, dont les enfants avant l’âge de quinze ans, peuvent être exposés. Or cela se noue alors même que leur jeune âge leur rend difficile, voire problématique, l’accès à des textes qui demandent une maturité intellectuelle, laquelle fait défaut pour beaucoup d’entre eux. La législation fixe des âges avant lesquels l’accès à certains textes, sont simplement interdits à des jeunes gens. l’accès aux textes impliqués dont leur jeune âge les protège, leur sera accessible en général à l’âge de quinze ans. Si cette règle était respectée par tous les parents et tous les éducateurs, la nuisance dont sont porteuses moult références idéologiques, serait contenue dans des proportions satisfaisantes. Ce texte qu’on appelle la bible est un ramassis d’inepties d’une dangerosité absolue. Il devrait en effet faire partie des ouvrages dont il faut protéger les enfants.