LA RÉPUBLIQUE CONNAÎT-ELLE SES ATHÉES ?

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La République connaît ses religions, leurs représentants, leurs institutions, leurs attentes et aussi leurs multiples inquiétudes. Elle les rencontre, les écoute, les consulte. Lorsqu’un sujet touche aux cultes, à la morale ou aux grandes questions qui traversent notre société, leurs voix trouvent naturellement le chemin des ministères, des assemblées et des institutions.

Mais elle ne connaît pas ses athées, ces millions de femmes et d’hommes dont les convictions philosophiques, humanistes ou matérialistes ne demandent qu’à participer, elles aussi, à la diversité de notre société.

Lorsqu’il est question de convictions, leur voix demeure étrangement silencieuse dans les institutions de la République, absente des débats, jamais sollicitée ni consultée, comme si les convictions ne pouvaient être que religieuses, comme si ne pas croire ne pouvait porter ni valeurs, ni pensée, ni vision de la société… On ne pense tout simplement pas à eux.

Et pourtant, par principe, notre laïcité doit veiller à ce que toutes les convictions qui se construisent autour de l’hypothèse de l’existence d’un divin soient prises en compte, y compris celles qui ne croient pas en cette hypothèse.

C’est ce que la France laïque appelle la liberté de conscience : reconnaître pleinement la place de celles et ceux qui pensent le monde, la société et l’humanité, et cela quelles que soient leurs convictions à l’égard de l’existence d’un divin.

Il est temps que notre République et ses institutions apprennent aussi à connaître et à reconnaître leurs athées, ce qu’ils pensent, ce qu’ils veulent, ce qu’ils espèrent, ce qu’ils peuvent apporter à notre société, qu’elles leur permettent de participer pleinement au dialogue républicain et, enfin, qu’elles entendent leur voix.

Gilles Ragnaud

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