Est-ce laïque de nommer des chefs de gouvernement ouvertement catholiques ?

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La loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État est claire : elle garantit la liberté de conscience et affirme que la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Cette loi impose donc à l’État une stricte neutralité, mais elle ne dicte en rien les convictions personnelles de celles et ceux qui gouvernent. Qu’un ministre, un député, un Premier ministre ou un haut fonctionnaire soit croyant ou athée ne contrevient donc pas, en soi, à la laïcité.

Je vais donc poser la question autrement : « Est-ce politiquement laïque, dans une République où plus de 60 % des citoyens sont athées, de confier de hautes fonctions à des personnalités ouvertement issues du catholicisme ? »

Cette question est légitime dans le sens où l’on ne peut imaginer que ces personnalités politiques et hauts responsables soient, comme le prévoit la loi de 1905, neutres dans leur fonction, au point d’être en capacité de remettre en cause les liens historiques entre l’État et la religion catholique. Pour preuve, encore aujourd’hui, cette religion structure les rituels officiels de l’État, reste surreprésentée dans les canaux de dialogue institutionnel et conserve, politiquement, une visibilité médiatique disproportionnée.

La question est encore plus légitime lorsque l’on ose parler de reconnaissance de l’athéisme et des convictions athées, systématiquement ignorées par ces représentants de l’État, ignorant par la même occasion une majorité de citoyens au bénéfice des croyants, et plus particulièrement des catholiques.

L’objectif, ici, n’est bien évidemment pas de remettre en cause la foi privée, mais de soulever la représentation symbolique et politique qu’elle véhicule dans la conduite de la République, je parle de cette idée que le religieux reste un marqueur socialement valorisé au sommet de l’État. Une République où les dirigeants agissent en fonction d’une identité religieuse crée nécessairement un déséquilibre symbolique, certes légal, mais démocratiquement non représentatif. Tout cela démontre l’incapacité de l’État, en son cœur, à refléter une réelle diversité des citoyens.

Il est, pour moi, temps que tout cela évolue, pour que la République s’émancipe enfin de l’emprise catholique, pour toujours mieux représenter la diversité réelle de ses citoyens.

G. Ragnaud

@GenerationAthee

#Laïcité #Athéisme #SébastienLecornu #Politique #Athéealisme

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