Si la laïcité s’adresse à tout le monde sans exception, c’est parce que la liberté de conscience est une conséquence juridique du principe de laïcité, celui-ci ne pouvant reconnaître la liberté de croire sans reconnaître, dans le même temps, celle de ne pas croire.
Reste que, dans son application politique et institutionnelle, dès lors qu’il est question des convictions, seules les religions, leurs représentants, leurs adeptes, leurs pratiques et leurs revendications sont pris en compte… Rien pour les athées et les non-croyants.
La conclusion est donc claire : la liberté de conscience ne suffit pas à garantir l’égalité entre les convictions. Le pire, c’est qu’en ne s’adressant institutionnellement qu’aux religions, la laïcité crée elle-même un déséquilibre contraire au principe d’égalité laïque et républicaine.
En cela, elle devient paradoxalement… non laïque.
G. Ragnaud

