Dans mon dernier livre, j’appelle les athées à s’engager pleinement dans les affaires publiques, pour défendre leurs libertés et lutter contre toutes les formes de domination qui cherchent à imposer des normes et à restreindre les droits.
Le débat sur la fin de vie nous en donne l’occasion, et en cela Génération Athée, en tant que courant d’Athéisme Réformé, se tient aux côtés de l’@ADMD FRANCE et des défenseurs des libertés. C’est pour moi une évidence politique assumée, car c’est sur ce terrain que se jouent nos droits fondamentaux, devant, en tant qu’athées, nous opposer à toutes formes de cléricalisme.
Notre position d’athées réformistes va bien au‑delà des débats sans fond que les cadres religieux, catholiques en tête, et leurs partenaires politiques de droite et d’extrême droite tentent d’imposer.
Leurs arguments ne sont, pour la plupart, que des prétextes destinés à faire vaciller les libertés, ralentir les avancées et maintenir un contrôle symbolique sur la vie des individus. Ils n’hésitent pas à employer le mensonge, la démagogie, l’instrumentalisation, à invoquer, lorsque ça les arrange, l’éthique, la morale, ou pire encore, la parole d’un hypothétique dieu.
À l’inverse, les défenseurs d’une loi sur la fin de vie sont rationnels, posés, ancrés dans le réel. Ils ouvrent la voie à un choix éclairé, à une liberté assumée, à une conception de la dignité qui ne dépend ni de dogmes, ni de traditions, ni d’injonctions morales extérieures.
Je fais hélas, depuis plus de trente ans, partie de ces personnes souffrant d’une maladie grave et handicapante, et je sais ce que signifie vivre avec des limites imposées par le corps. C’est entre autres pour cela, mais aussi en mémoire de mes ami(e)s malades, partis trop tôt, souvent dans la souffrance, et pour toutes celles et ceux qui, chaque jour, vivent avec la maladie, la douleur, la dépendance ou la perte d’autonomie, que je défends la liberté de choisir sa fin de vie.
Pour moi, c’est inconditionnel : la liberté de disposer de sa propre existence est un droit fondamental.
G. Ragnaud

