Chez Génération Athée, nous affirmons sans détour que l’État doit être émancipé de l’influence des religions. Lorsque l’autorité publique se laisse modeler par des intérêts confessionnels, lorsque des privilèges, des subsides ou des prérogatives viennent brouiller l’égalité devant la loi, les principes républicains se trouvent affaiblis et le débat démocratique appauvri. Je parle ici de la neutralité de l’État comme condition minimale pour permettre à chacun, croyant ou non-croyant, de vivre ses convictions sans que l’une d’elles n’impose sa loi aux autres.
Émanciper l’État ne veut bien sûr pas dire effacer les spiritualités du monde privé, ni nier les identités de millions de nos concitoyens, mais garantir que les choix publics, les institutions, les écoles, les services et les décisions politiques se fondent sur l’intérêt général et sur des raisons publiques vérifiables, et non sur des autorités religieuses ou des intérêts confessionnels. Cela suppose de refuser les privilèges fiscaux injustifiés, de clarifier la séparation des patrimoines et des financements, d’exiger une transparence totale là où l’argent des collectivités irrigue des structures religieuses. Cela suppose aussi de veiller à la nomination des responsables publics, à la rédaction des textes et à l’organisation des services publics pour que nul signe extérieur d’appartenance ne détermine l’accès aux responsabilités ni n’oriente les décisions publiques.
La laïcité que nous appelons de nos vœux doit être active et protectrice, capable de préserver la liberté de conscience et la liberté d’expression, de défendre les droits des minorités, de garantir que l’école reste un lieu d’émancipation et non de récupération, et de protéger la recherche et la culture face aux pressions dogmatiques. Nous devons exiger des lois plus claires, des procédures de contrôle effectives et des mécanismes de sanction lorsque des acteurs cherchent à instrumentaliser l’État à des fins religieuses. Nous devons former et sensibiliser nos institutions et nos agents publics afin qu’ils défendent les principes républicains sans faiblesse.
C’est là l’un des nombreux combats politiques et civiques que nous, athées, devons mener, un appel à l’organisation et à la fermeté, à des propositions concrètes et à des alliances larges pour imposer un agenda de neutralité véritable. Nous ne devons plus nous contenter de proclamer nos droits à la liberté, devant transformer nos volontés en projet collectif, en commençant par une République émancipée, enfin fidèle à ce qu’elle devrait être depuis toujours, et plus encore depuis la loi de 1905, garantissant à chaque citoyen une vie pleinement libre.
G. Ragnaud

