Depuis plusieurs années, Génération Athée s’interroge sur les différences de traitement existant entre convictions religieuses et convictions athées au sein de la République française.
À travers ses travaux, ses analyses et les nombreux témoignages recueillis, l’association a progressivement identifié plusieurs mécanismes institutionnels susceptibles de conduire à une inégalité de considération, de représentation ou de traitement entre les citoyens selon leur rapport à l’idée de l’hypothèse de l’existence d’un dieu.
Face à ce constat, Génération Athée mène aujourd’hui une réflexion juridique visant à examiner les possibilités d’action offertes par le droit français.
À ce stade, aucune procédure judiciaire n’est engagée et aucune plainte n’est déposée. L’objectif est d’étudier si les différences de traitement constatées peuvent être juridiquement examinées et, le cas échéant, reconnues.
Cette réflexion s’appuie notamment sur la LOI n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations. Génération Athée s’interroge sur la possibilité que certaines situations vécues par les athées et l’athéisme puissent relever des mécanismes de discrimination visés par cette législation.
L’association estime que la République reconnaît, consulte, représente et organise institutionnellement les cultes religieux, alors que les convictions athées demeurent largement absentes de ces dispositifs. Cette différence de traitement constitue l’un des principaux sujets de réflexion de Génération Athée.
En France, le principe de laïcité est censé garantir la neutralité de l’État à l’égard des convictions. Pourtant, Génération Athée considère que les pouvoirs publics ont historiquement développé de nombreux dispositifs spécifiques destinés aux religions sans mettre en place d’équivalents pour les convictions athées. Cette situation soulève la question d’un éventuel favoritisme institutionnel contraire à l’esprit d’égalité que la laïcité est censée garantir.
Cette réflexion conduit également Génération Athée à demander que les convictions athées soient officiellement reconnues comme des « convictions non cultuelles » bénéficiant d’une considération administrative comparable à celle accordée aux cultes religieux.
Pourtant, les convictions athées sont tout aussi légitimes que les convictions religieuses concernant l’idée de l’hypothèse de l’existence d’un divin.
Ces deux positions relèvent pleinement de la liberté de conscience et aucune raison rationnelle ne justifie que l’État accorde une reconnaissance, une représentation ou une considération institutionnelle aux seules convictions religieuses. Génération Athée estime que les convictions athées doivent, à ce titre, bénéficier d’une égale légitimité et d’une égale considération dans les institutions et les lois de la République.
Au-delà d’une éventuelle reconnaissance juridique des discriminations constatées, Génération Athée souhaite également ouvrir une réflexion sur l’évolution des textes, lois et décrets relatifs à la laïcité. L’objectif est d’obtenir un équilibre laïque et républicain entre les convictions religieuses et les convictions athées, dans le respect de la liberté de conscience et du principe d’égalité.
Les citoyens athées, les associations qui les représentent et l’athéisme lui-même devraient pouvoir bénéficier d’une reconnaissance, d’une représentation et d’une considération comparables à celles dont bénéficient aujourd’hui les religions dans leurs relations avec les pouvoirs publics.
Dans cette perspective, Génération Athée s’interroge également sur l’opportunité de créer, aux côtés du Bureau central des cultes, un dispositif institutionnel chargé des relations entre les pouvoirs publics et les organisations représentatives de l’athéisme présentes en France. Cette proposition s’inscrit dans une logique d’équité entre les différentes convictions reconnues au sein de la société française.
Cette réflexion ne vise ni les croyants ni les religions. Elle porte exclusivement sur l’application du principe d’égalité entre les citoyens et entre les convictions dans une République fondée sur la liberté de conscience. Cette démarche interroge la capacité de notre modèle républicain à garantir une égale considération de toutes les convictions relatives à l’idée de l’hypothèse de l’existence, ou non, d’un dieu.
L’objectif poursuivi est de contribuer à un meilleur équilibre laïque et républicain, dans lequel les convictions athées bénéficieraient de la même reconnaissance, de la même représentation et de la même considération institutionnelle que les convictions religieuses.
Gilles Ragnaud
Fondateur de Génération Athée

