Aujourd’hui, des millions d’Européens n’hésitent plus à se revendiquer athées.
L’athéisme, dans une grande partie de l’Union européenne, est une réalité massive, diffuse, présente dans les familles, les milieux professionnels, les institutions, les universités, les entreprises, les administrations. Des millions de citoyens vivent, pensent et décident sans référence à une culture religieuse, et pourtant, cette réalité sociale ne se traduit jamais dans l’organisation de la vie publique.
La raison est que, même si les athées sont massivement présents dans la grande majorité de nos nations, ils n’y sont jamais représentés comme « force d’influence collective ». Or, et c’est une loi constante de la vie démocratique, une conviction qui ne s’organise pas finit toujours par être écartée des lieux de décision.
Les concepts qui influencent durablement les évolutions de la société sont ceux qui se structurent, qui se dotent d’organisations, qui portent des analyses, qui produisent des propositions et qui, surtout, disposent des moyens nécessaires pour agir dans l’espace public.
Et pour que tout cela existe, il faut deux ressources indispensables : des gens, pour apporter leurs compétences, pour soutenir, partager, participer, adhérer, réunir autour d’eux, représenter nos mouvements, organiser des structures, porter des propositions…
Et de l’argent, pour financer les relais de diffusion, les outils de communication, les juristes pour défendre nos droits, des chercheurs pour produire des analyses… une ressource que beaucoup préfèrent ignorer mais qui constitue le b.a.-ba de toute influence collective.
Sans moyens matériels, aucune conviction ne peut durablement peser dans la vie publique. C’est pour cette raison qu’une force politico-athée est aujourd’hui indispensable pour permettre aux citoyens athées d’exister pleinement dans l’espace démocratique, comprenant des structures capables de rassembler, d’organiser et de faire vivre cette énergie collective.
Dans les faits, seules les associations comme « Génération Athée » ou « l’Union des Athées » peuvent remplir ce rôle. Ces associations constituent des lieux où les athées se rencontrent, réfléchissent ensemble, élaborent des propositions, soutiennent des actions, financent des initiatives et font émerger une voix collective. C’est pourquoi l’engagement des athées dans ces structures n’est pas un simple geste de sympathie ou de soutien moral, mais un choix qui engage leur place dans la société.
Dans la réalité, et nous en sommes très loin, il faudrait des milliers d’adhérents pour faire fonctionner, comme le font celles des associations religieuses, nos structures associatives. Et dans cette même réalité, il faudrait, par an, en France, l’équivalent d’un euro par athée pour financer les besoins d’un « athéisme réformé » capable de s’opposer aux lobbys religieux.
Oui, créer une force politico-athée est indispensable, car pour l’instant, face aux institutions religieuses, nous sommes insignifiants.
G. Ragnaud

