SOS Calvaires… derrière le patrimoine, la politique

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Nous connaissons tous cette association militant pour la préservation des croix et calvaires anciens, au nom d’un patrimoine historique, mais il serait naïf de ne voir derrière ses actions qu’une simple défense du patrimoine.

Quand on fouille un peu, on comprend vite d’où viennent les financements de SOS Calvaires : collectes de dons, mécénat, legs, le tout porté par une mobilisation organisée autour de la présence de la croix chrétienne, catholique, dans l’espace public, sous couvert de “sauvegarde du patrimoine”.

Son ancien discours est d’ailleurs particulièrement révélateur : son président, Julien Le Page, expliquait qu’« un calvaire, c’est un étendard, un drapeau qu’on plante pour dire : ici, c’est une terre chrétienne ». L’association a également participé, en 2022, à un événement organisé par Academia Christiana, mouvement catholique intégriste, et certains de ses responsables ont eux-mêmes reconnu avoir dû dissoudre une antenne dont des membres entretenaient des liens étroits avec l’extrême droite et le clergé intégriste.

Pour SOS Calvaires, comme pour tout ce qui, de près ou de loin, agit au nom de la religion, la défense du patrimoine est un moyen politique pour maintenir et réimplanter des marqueurs religieux dans l’espace public. Mais pas seulement, puisque l’association utilise également la défense du patrimoine pour contester l’application de la loi de 1905 et, plus largement, les limites que la laïcité impose à la présence religieuse dans l’espace public. Et là, nous ne sommes clairement plus dans la conservation du patrimoine, entrant sur un terrain religieux et politique.

Pour nous, athées réformistes, opposés par nature à ce genre d’ingérence religieuse dans la sphère politique, ça ne passe pas, parce qu’aucun prétexte, qu’il soit patrimonial, culturel, historique ou social, ne doit servir de cheval de Troie aux religions pour imposer leur présence et leur influence dans l’espace public et politique.

Le patrimoine raconte notre passé, mais ne doit pas servir à imposer une religion dans notre présent.

Gilles Ragnaud

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