La culture athée, une évidence intellectuelle

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La culture athée, nous la vivons chaque jour, souvent sans même y penser. Elle est là, dans nos gestes ordinaires, dans nos choix, dans notre manière de comprendre le monde et d’y prendre place. Elle s’est imposée comme une évidence intellectuelle, sociale et politique contemporaine, au point de devenir presque invisible à celles et ceux qui la partagent.

Elle se manifeste dans ce rapport spontané à la raison, au doute, à la discussion. Dans cette habitude de chercher des explications plutôt que des récits, des causes plutôt que des intentions, des solutions plutôt que des promesses. Elle se retrouve dans la confiance accordée au savoir, à la science, à l’éducation, dans l’idée que le monde se comprend, se transforme et s’améliore par l’intelligence humaine et l’action collective.

La culture athée, c’est aussi ce que nous avons en commun sans avoir besoin de nous le dire. Un attachement profond à la liberté de conscience, à l’égalité entre les individus, au refus qu’une conviction puisse s’imposer au nom de ce qui n’est qu’une simple hypothèse. C’est une manière d’envisager la loi comme le produit d’un choix démocratique, et non comme l’expression d’une vérité transcendante, une manière d’accepter que nos règles évoluent avec la société, les connaissances et les réalités humaines.

Cette culture s’exprime aussi dans notre rapport au temps, dans la transmission du savoir par l’école, la science, la culture générale et l’histoire, celle de la mémoire collective, politique et sociale. Elle structure nos repères familiaux : naître, aimer, fonder une famille, célébrer, se souvenir, mourir, autant de moments pensés sans référence au sacré, mais ancrés dans l’humain, le réel et la responsabilité partagée.

Cette culture façonne aussi notre regard politique. Elle privilégie les choix fondés sur l’intérêt général, sur les faits, sur les conséquences concrètes des décisions publiques. Elle refuse les ingérences idéologiques dans les libertés individuelles, qu’elles concernent le corps, la vie privée, l’éducation ou la fin de vie, et fait de la neutralité de l’État une condition de l’égalité et de la paix civile.

Parce qu’elle va de soi pour celles et ceux qui la partagent, la culture athée est souvent passée sous silence, jusqu’au moment où elle est niée ou caricaturée.

Faite d’un socle commun sur lequel une grande partie de la société humaine avance depuis la nuit des temps, comme une évidence naturelle, la culture athée nous est familière, à la fois innée dans nos capacités humaines à raisonner, et acquise par la transmission, l’éducation et l’expérience. Et pas besoin de « livre sacré » pour la vivre, car elle ne se proclame pas : elle se pratique, s’éprouve chaque jour. Et c’est là toute sa force : être une culture vivante, pertinente, car originelle.

À celles et ceux qui, croyants, disent les athées sans culture, sans but ou sans croyances, nous pouvons leur répondre que notre culture est aussi ancienne que le doute, la raison et l’observation du réel… parce que c’est cela qui fait de nous des êtres libres.

G. Ragnaud

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