Il nous faut plus d’athéisme dans la vie publique, dans les débats d’idées, dans les choix de société et dans les grandes orientations politiques qui façonnent notre avenir.
Pendant des siècles, les religions ont influencé les lois, les mœurs, l’éducation, la morale et les institutions. Aujourd’hui encore, elles disposent d’organisations puissantes, de représentants reconnus, de moyens financiers considérables et d’un accès privilégié aux décideurs. Les athées, eux, sont très nombreux, majoritaires, mais sont systématiquement écartés des lieux où se prennent les décisions.
Si j’appelle à plus d’athéisme, c’est parce qu’il nous faut plus de raison dans les débats publics, simplement parce que les décisions qui engagent l’ensemble de la société devraient davantage s’appuyer sur les connaissances, l’expérience, la recherche, l’observation et le débat démocratique plutôt que sur des croyances de base hypothétique, ou des traditions héritées du passé.
S’il nous faut plus d’athéisme, parce qu’il nous faut une laïcité équilibrée et moderne, qui ne soit pas seulement un cadre de coexistence entre religions, mais aussi une protection pour l’athéisme et pour les convictions athées.
S’il nous faut plus d’athéisme, c’est parce qu’il nous faut que toutes les libertés de conscience soient prises en compte dans la République et ses institutions.
S’il nous faut plus d’athéisme, c’est parce qu’il nous faut davantage d’esprit critique, de capacité à questionner, vérifier et réfléchir… L’athéisme doit contribuer à cette exigence, c’est une nécessité démocratique.
S’il nous faut plus d’athéisme, c’est parce qu’il nous faut davantage de citoyens engagés, car le temps est venu d’aller plus loin, de proposer des évolutions, des réformes, des solutions, des projets pour l’éducation, la santé, les libertés, la démocratie, l’environnement, la justice sociale…
S’il nous faut plus d’athéisme, c’est parce qu’il nous faut davantage d’avenir face aux défis du 21e siècle, l’intelligence artificielle, les biotechnologies, les bouleversements climatiques, les mutations économiques et démographiques exigeant des réponses nouvelles, construites collectivement, à partir des connaissances disponibles et de l’intérêt général.
Plus d’athéisme, c’est faire de la place pour celles et ceux qui pensent le monde sans croire à l’idée hypothétique d’un dieu. Cela signifie que les athées doivent cesser d’être invisibles, silencieux ou dispersés, qu’ils doivent s’unir et prendre conscience de leur force politique, de leur légitimité et de leur responsabilité dans la construction de la société de demain.
C’est là le véritable enjeu de notre époque, et c’est pour cela qu’il faut rejoindre notre confédération… pour plus d’humanisme et d’athéisme réformé.
Gilles Ragnaud

